Simon Gush (Afrique du Sud)

Musée National du Mali

SIMON GUSH
Sunday Light (2013)

Les œuvres vidéographiques de Simon Gush questionnent l’interdépendance entre le travail, le temps et la construction de l’identité à travers l’exploration de la ville. I See You (2013) se penche sur la figure du minier et l’élaboration d’une éthique du travail au temps de l’Apartheid. After Hours (2013) interroge la relation contemporaine entre l’homme et le travail par la représentation de bureaux vidés de leurs occupants. Tout en questionnant l’imploration du modèle calviniste en un régime oppressif de contrôle de la population Sud Africaine, Gush critique le travail et l’éthique capitaliste comme de nouvelles formes de dictature dénaturant la cadence humaine.

Avec Sunday Light (2013), Gush présente une vidéo de 13 minutes composée d’une succession de plans fixes en noir et blanc, captés principalement au cœur du quartier économique de la ville de Johannesburg. Tournée sur plusieurs mois les dimanches, cette vidéo de Simon Gush tire un portrait formel et quasi photographique d’une présence et d’une absence. Par-delà les espaces étendus et désertiques et les complexes bancaires éteints, de rares sons, tels celui du trafic ou d’éventuels passants, tendent à suggérer une présence humaine réduite. Vidée de ses travailleurs qui en font la substance vivante, Johannesburg y apparaît livrée à elle-même, « suspendue » entre deux instants, entre deux battements de cœur. Inter- calée de courts textes critiques faisant part des réflexions et des observations personnelles de l’artiste, Sunday Light interprète le rythme altéré de Johannesburg comme corolaire à la production, au bénéfice, à la mécanisation de l’homme deve- nue synonyme de réalisation personnelle dans une Afrique du Sud post-Apartheid.

Né en 1981 à Pietermaritzburg, Afrique du Sud –
Vit à Johannesburg

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO