Bakary Diallo (Mali)

Musée National du Mali

BAKARY DIALLO
Hommage (1979 – 2014)
Le temps, c’est aussi le manque, l’absence d’artistes dont on aurait espéré partager un instant furtif. Disparu tragiquement en 2014, Bakary Diallo était un artiste prometteur. Cet avenir qui lui était prédit trouve une résonnance dans l’hommage rendu au cours de cette 10ème édition de la Biennale africaine de la photographie. Bakary Diallo a été formé à l’École des Arts de Bamako puis au Fresnoy―Studio national des arts contemporains (Lille, France). Ses multiples réalisations vidéo témoignent d’une vitalité singulière pour la mise en images et le récit d’histoires dont il portait la mémoire.

De The Light (2010) à Taa bolo (2013), le discours de cet artiste trouve une parfaite résonnance dans les développements de la crise malienne et les conflits sociaux encore plus prégnants au moment de sa disparition. Se servant d’éléments usuels de sa société (citrons, riz, œufs et calebasses), le vidéaste porte dans Dankumba (2011) un regard sévère et pourtant juste sur les traditions maliennes et les superstitions qui l’imprègnent. Ce positionnement esthétique explique l’originalité avec laquelle Bakary Diallo a abordé le monde en interpellant chacun de nous sur le devenir de ces sociétés tiraillées entre modernité et tradition.

Ainsi de Tomo (2012), vidéo magique et ignée, révélatrice avec son accomplissement artistique, on frôle parfois l’abstraction dans l’évocation d’un territoire déserté du fait d’un conflit. Chacune des œuvres de cet artiste manifeste l’exigence d’une minutie dans l’expérimentation artistique. Influencé par la photographie, le travail de Bakary Diallo propose une esthétique relevant d’une recherche approfondie de structuration, où la simplicité narrative et la recherche esthétique nous transportent dans des univers singuliers. Cette rigueur lui aura valu plusieurs prix dont celui de la Fondation Lagardère (2010), le prix Metrópolis / Madatac (Espagne, 2010) ou le Prix des Amis du Fresnoy (2011). Son travail a été montré dans plusieurs festivals comme Videobrasil (2013), auquel il participa avant sa disparition.

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO