WILLIAM KENTRIDGE

Mémorial Modibo Keïta

Commissaires / Curators : Bisi Silva & Antawan I. Byrd

L’artiste sud-africain William Kentridge (né en 1955) est surtout connu pour ses films d’animation complexes, sa pratique de la gravure, et ses productions théâtrales, qui essaient à leur façon de donner un sens au monde à travers des investigations visuelles et sonores liées à la connaissance et au temps . Le Second-Hand Reading (2013) de Kentridge est un film flipbook qui utilise comme base une vieille encyclopédie, en se servant de ses pages comme support pour des dessins au fusain et à l’encre de Chine, de créations graphiques à l’aquarelle, et de morceaux de texte anglais incisifs inscrits d’une typographie épaisse. Alors que des séquences d’animations divergentes se déploient à la surface des pages qui se tournent, le film expose et déconstruit les liens entre lecture et récit, mémoire et temps.

Second-Hand Reading commence sur la main de l’artiste qui ouvre la couverture noire de l’encyclopédie encombrante. Kentridge tourne manuellement les premières pages du livre, enclenchant le mouvement automatique des pages alors qu’un morceau de musique du musicien Neo Muyanga commence. Avec le défilement rapide des pages, le spectateur est submergé par la richesse de la matière visuelle qui apparaît et disparaît seulement dans le but de réapparaître à nouveau sous différentes formes tout au long des 11 minutes de la vidéo. Le spectateur rencontre des images qui sont devenues des marques de la production visuelle de Kentridge : des autoportraits de l’artiste faisant les cent pas et dans la pensée, des vues du paysage sud-africain, des arbres indigènes à Johannesburg, des cafetières qui se transforment en oiseaux, des porte-voix remplacés par des télé- phones, et des métronomes qui cèdent leur place aux machines à écrire. Avec les couches sonores de la voix élégiaque du Muyanga, Second-Hand Reading donne un aspect esthétique à l’accumulation rapide de l’information visuelle. Avec des images et des textes qui arrivent à la même vitesse qu’ils partent, la lecture devient une expérience fugace, où l’acquisition du savoir est réduite aux impressions furtives ou limitées à celles que l’esprit peut retenir en quelques secondes.

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO