Aboubacar Traoré - Mali

Musée National du Mali

ABOUBACAR TRAORE
Inchallah (2015)

Comment aborder le sujet de l’obscurantisme religieux quand on n’est pas photoreporter ? C’est sans doute l’une des interrogations qui se sont imposées au photographe Aboubacar Traore quand il a décidé de traiter ce sujet. Son incompréhension du phénomène lui a dicté de l’appréhender sous l’angle de l’étrangeté. De cette réflexion est née sa série photographique intitulée Inchallah. Constituée d’images couleurs elle illustre des situations dans lesquelles on voit évoluer des êtres d’apparence humaine, pour ce qui est de leur corps, mais dont la tête se résume à un casque d’un noir profond sans ouverture, sans visière. Ces individus portent des signes distinctifs (chapelets et vêtements) qui nous permettent de supposer le courant religieux auquel ils appartiennent. Sur certaines photographies ils adoptent une attitude de prière. Le paysage désertique, dans lequel se déroulent les différentes actions que le photographe capture, prend des allures énigmatiques du fait de ces figures abstraites et inquiétantes parce que non identifiables.

La présence récurrente d’une machette ou le geste suspendu d’un fanatique sur le point de lapider un de ses acolytes sont autant d’éléments qui sont l’ex- pression d’une menace permanente, et latente ; sorte d’épée de Damoclès prête à s’abattre à tout instant. Cependant, il règne sur l’ensemble des scènes un calme presque paisible. Le photographe nous parle pourtant de ses doutes et de ses craintes quant à la question du fanatisme religieux au Mali comme ailleurs. Le titre Inchallah, « si Dieu le veut », prend alors toute sa signification.

Né en 1982 à Kadiolo, Mali –
Vit à Bamako

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO